Les moulins à grains


Je voulais simplement dire
Mon peuple
[...]
Mienne, l'épouse pilant le mil pour la pâte du soir,
Pilant les feuilles de baobab sèches pour la sauce du soir
Et je quête en vain un goût de viande dans cette sauce.
Mienne, la triste cohorte de femmes
Vers un point d'eau lointain, incertain;
Et sur leurs lèvres desséchées, un chant se meurt doucement
Mienne, la femme au ventre mûr revenant du champ :
Elle porte sur la tête un fagot de bois énorme
Et dans son dos le babil du bébé de l'an dernier.

Bernadette Sanou (Parturition)

batik maternité
femmes de Diébougou Née en 2001, la Coordination Communale des Femmes de Diébougou (CCF) rassemble 547 femmes appartenant à diverses associations. Elle a pour but de développer l'entraide et promouvoir des activités génératrices de revenus capables de libérer les femmes des tâches trop lourdes.
"...Vivant toujours sous le poids de la tradition où la femme seule est responsable du processus de la production, la transformation et la préparation des aliments, la recherche de l'eau, du bois de chauffe, etc. les femmes de la commune de Diébougou éprouvent d'énormes problèmes dans leur vie quotidienne. L'insuffisance des moulins dans la commune et dans les villages environnants amène les femmes à consacrer plus de temps dans la mouture des céréales. Cette activité qui demande beaucoup d'énergie rend les femmes souvent malades, faibles, donc incapables de mener d'autres activités à même de leur procurer des revenus." extraction du beurre de karité. à voir sur songtaaba.net
concassage des fèves. à voir sur songtaaba.net
Les femmes du secteur 7 entourent le maire Hervé Kam La CCF a imaginé de mettre en place un moulin à grains électrique dans chacun des sept secteurs de la commune. Trois de nos membres ont assisté à des réunions et pu vérifier la solidité du projet au cours de l'été 2001. Un mémoire très précis de la CCF nous a été envoyé.
le moulin en action Sollicitée, Floirac Cap Burkina a alors décidé de soutenir le projet en envoyant 4500 euros en 2003. Le premier moulin a été construit au village de Limania, dans le secteur 7 de Diébougou, le plus éloigné et le plus démuni. Une plaque y rappelle notre soutien.

Christian Vicens a rapporté de son voyage en 2004 des photos et des informations bien réconfortantes.

La gestion de ce premier moulin est bénéficiaire. Pendant quelques temps, elle a même trouvé un équilibre idéal: 1/3 des recettes étant affecté à l'entretien et aux réserves indispensables. 1/3 repartant en salaires, notamment celui du meunier.

Le grand motif de satisfaction est que le dernier tiers des recettes a pu, pendant un temps, être affecté à des micro-prêts pour financer les projets des femmes. Cet équilibre idéal est évidemment fragile, mais l'idée des micro-prêts, venue de nos partenaires, nous a beaucoup séduits.

 Après quelques aléas, un deuxième moulin, également financé à hauteur de 4 500 euros, dessert le secteur 6 depuis décembre 2006.

Voir les images du 2ème moulin

 Fin 2006, nous avions réuni les fonds nécessaires à l'établissement du troisième moulin. En mars 2007, un courrier du nouveau maire de Diébougou, M. Koumbaterssour Nicolas DAH, à Mme le Maire de Floirac, nous informait qu'il y avait localement entente complète sur le sujet :

"... Suite à l'entretien ... relatif au choix du site pour l'implantation du troisième moulin, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le secteur n°2 (Gnaba-Wapassi) a été retenu de commun accord pour l'implantation de ce moulin.
En effet les populations d'une partie de ce secteur habitent à 7km de la ville où il n'y a ni forage, ni puits ni moulin.
Alors en accord avec le comité de jumelage, cette localité a été choisie pour y soulager un tant soit peu les souffrances des femmes..."

Ces garanties étant acquises, l'envoi des 4 500 euros a été décidé à la réunion de bureau suivante.

 Octobre 2007 : c'est fait et ça fonctionne . Quelle immense satisfaction !

Voir les images du 3ème moulin

Que d'efforts épargnés!

 

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