Agglobriquetage des tiges de coton

 

 

La tentative a avorté à Boromo, faute sans doute de persévérance. Pour autant, cela ne disqualifie pas l'idée car des usines fonctionnent sur ce principe dans d'autres pays d'Afrique, notamment au Mali.
Voici trois articles qui parlent de cette expérience, mais il serait bon d'en savoir encore davantage.

Une présentation enthousiaste

par http://www.penelopes.org/

 

Des " briquettes " contre la déforestation... et pour les femmes. Des chercheurs du Burkina ont mis au point une trouvaille dont devraient bénéficier les femmes, et la forêt : le " logo coura " ou " raad paalga ", autrement dit " nouveau bois ". Il s'agit de " briquettes " fabriquées à partir de résidus agricoles et de tiges de coton. Écologiquement parlant, cette découverte devrait contribuer à endiguer la déforestation et à diminuer les feux de brousse. Économiquement, elle devrait permettre de créer des emplois en milieu rural. Une usine est déjà ouverte à Boromo, le projet étant financé par la coopération danoise avec l'aide du PNUD. Du point de vue des femmes, ces " briquettes ", nettement moins salissantes et encombrantes que le bois de chauffe, dégageant peu de fumée, devraient avoir le mérite supplémentaire de réduire le nombre d'accidents dus à l'usage de la hache et de la machette. C'est d'ailleurs sur des groupements de femmes des villes burkinabé que les responsables envisagent de s'appuyer pour réussir la phase finale, la plus délicate, du projet : la commercialisation.

 

Bûches reconstituées sous pression avec des copeaux et de la sciure. On peut faire de même avec les tiges de cotonniers.

Un début de réalisation prometteur

Extrait de la monographie officielle de Boromo, datée de 2000, mise en ligne en 2003

 

Le projet pilote PNUD BKF/97/020/N01/31 «Valorisation des résidus agricoles et de la paille séchée à Boromo», est né de la coopération multilatérale entre le Burkina Faso et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), sur financement du Royaume du Danemark.
Ce projet pilote qui est en phase de démarrage, (début de phase II) vise la mise en place d'une usine de production et de commercialisation de briquettes combustibles basées sur la transformation de résidus agricoles et de la paille séchée.
L'objectif principal du projet est de réduire la pression humaine sur le couvert végétal et de favoriser la régénération des formations naturelles.
Les objectifs immédiats sont :
- construction et mise en service d'une usine pilote de briquettes " raad paalga " ;
- production de briquettes économiquement ;
- capitalisation de l'expérience et des résultats.
Les résultats initiaux attendus en phase II sont :
- 3000 tonnes de briquettes " raad paalga " produites par an ;
- une stratégie de production et de commercialisation des briquettes " raad paalga " à grande échelle est mise au point ;
- les acquis du projet sont vulgarisés vers le secteur privé.
Aussi, à terme, l'acquisition d'un savoir-faire national pour la maîtrise de cette technologie, devrait constituer un avantage décisif pour la recherche de stratégies durables en matière d'énergie domestique au Burkina Faso.

8.4.4 .2 Réalisations et difficultés

Les travaux de construction sont achevés et les équipements ont été également implantés et sont fonctionnels. Un personnel composé de 14 agents a été recruté depuis mai 1999. Des essais ont été réalisés. La première phase du projet s'est achevée avec l'inauguration de l'usine qui a eu lieu le 21 mai 1999 à Boromo.
Suite à cette phase d'autres activités :
- un programme de communication (avec l'appui des médias) et portant sur la vulgarisation des nouveaux combustibles en direction des ménages et utilisateurs.
- une étude de gestion et de marketing en vue de renforcer la viabilité économique de l'usine de production de briquettes à Boromo ont été menés, pour conduire progressivement les recherches en vue de l'atteinte de la phase III qui comporte la commercialisation des combustibles produits.
Ce projet qui est en démarrage, vise la production de briquettes ou combustibles ligneux obtenus à partir de la densification de résidus agricoles et de la paille séchée. Il est actuellement opérationnel et va contribuer à la réduction de la demande en matériaux ligneux traditionnels qui représentent encore un fort pourcentage de la consommation en énergie des ménages (environ 91%).
Les " Raad-paalga " constituant une nouvelle forme d'énergie à explorer par les ménages, le succès des activités permettrait de contribuer d'une part aux sollicitations énergétiques et de contribuer d'autre part à la lutte contre la désertification, les feux de brousse et la coupe abusive de bois.
À ce stade, quelques difficultés ont été notées et sont relatives :
- au manque de moyens de transport des résidus au site de l'usine, à l'état des pistes ;
- à l'insuffisance des moyens paysans (charrettes et matériels divers) ;
- au démarrage tardif des travaux de nettoyage champêtres qui ne favorisent pas un stockage conséquent des matières et à temps ;
- au coût et à la non disponibilité des pièces de rechange des machines sur le marché ;
- à l'empressement de certains utilisateurs qui souhaitent d'ores et déjà disposer des produits de l'usine. En effet, l'étape actuelle ne concerne pas la commercialisation mais constitue des bases pour l'étape de commercialisation.

 

Que faire des tiges de cotonniers après la récolte ?

 

Porter le bois, le dur travail des femmes

 

Briquettes de poudre de charbon agglomérée

Trop peu d’explications à l’échec

http://www.zedcom.bf/actualite/op328/nationboisdechauffe328.htm

 

"  Une solution intelligente et avisée au problème du bois de chauffe avait été trouvée avec l'érection de l'unité de densification de Boromo.
En effet, cette usine était chargée de transformer la biomasse végétale constituée par les résidus de récolte et les herbes de savane en briquettes énergétiques destinées à remplacer le bois de feu.
Malgré son immense intérêt écologique et commercial, ce projet capotera pourtant à cause de défaillances spécifiques à l'administration.
En effet, il faut souligner ici que le problème de base de l'administration burkinabè est qu'il n'existe pas de logique cohérente, explicite et vérifiée entre l'intention politique exprimée dans une série d'objectifs politiques et la gestion d'une multitude de projets qui subissent très souvent les aléas et les contraintes des projets de coopération multilatéraux ou bilatéraux. "

 

Les tas de coton-graine après la récolte.

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